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Entendu @6

J’entends de plus en plus des collègues utiliser « impacter » pour évoquer les conséquences de l’activité d’un service sur un autre, par exemple d’un chantier sur un fonctionnement habituel. Outre que ce verbe est un anglicisme, l’expression est mal utilisée dans cette forme (Antidote explique qu’« impacter quelque chose » est une expression chirurgicale d’une opération visant à solidariser avec force organes et prothèses…).
Le TLF évoque un sens économique et un « affaiblissement du sens » en dans l’idée d’une « influence déterminante, décisive » donc dans l’idée d’une forme de supériorité.
Plus encore, ce qui me frappe est la violence de l’expression. « Avoir un impact » est utilisé dans le langage courant, mais cela renvoie à une l’idée de choc, de collision… On n’en sort pas indemne. La répétition du mot renforce à mes oreilles la violence des relations professionnelles et l’absence de collaboration entre entités d’un même établissement. Il n’y a pas de transversalité, pour reprendre un mot aussi à la mode dans le monde du travail, mais il y a course, concurrence, conflit.
« Impacter » renvoie au constat de la cause des problèmes posés alors qu’« avoir des conséquences » est du côté des effets. À mon sens, c’est dans le second cas que l’on est aussi du côté des solutions…