Pauvres enfants ! @6

Ce tee-shirt me rappelle une autre « affaire » dont je suis assez fière (j’avoue !) tant j’ai réussi, ce jour-là, à instrumentaliser un grand nom de l’industrie agroalimenta en relais de l’action du réseau « Encore féministes ! »
Voici le courrier, tout en fourberie, que j’avais adressé le 8 juin 2001 à la direction commerciale de la société qui produit une célèbre pâte à tartiner, espérant que l’implication de cette marque permettrait, pour une fois, d’avoir gain de cause, ce d’autant qu’elle diffusait à l’époque une publicité où il était question d’ « Instant [nom de la pâte à tartiner] » où des enfants étaient très présents. Je retire le nom du produit et le nom de l’humoriste, parce que je n’ai pas envie de leur faire de la publicité.

« Sur l’antenne de RTL, ce lundi 4 juin, à 8 h 30 en direct et à 12 h 30 en rediffusion, [un humoriste] a raconté une « blague » particulièrement choquante qui implique directement l’un de vos produits phares (…) dans ce qui me semble constituer une apologie de l’inceste voire de la pédophilie. Je cite :
« Un homme se plaint à un autre :
« — Ma femme veut pas me sucer.
« T’as qu’à t’enduire de [pâte à tartiner], tu verras, ça ira mieux.
« Deux jours après, ils se revoient :
« — Alors, avec ta femme, ça a marché ?
« — Non, elle a pas aimé, mais les enfants, eux, ils ont adoré ! »
« J’imagine que vous partagerez ma profonde indignation face à cette utilisation scabreuse de votre pâte à tartiner et de son association avec ces crimes qui détruisent des vies, celles d’enfants que nous avons tous le devoir de protéger.
« J’ai exprimé à titre personnel ma révolte à Robin Leproux, directeur de RTL — sans réponse de sa part à ce jour. Sachez également qu’à l’initiative de Florence Montreynaud, écrivaine et féministe, une demande collective d’excuses publiques a été adressée à [cet humoriste] et à Robin Leproux — démarche sans suites à ce jour.
Puis-je espérer que [votre société] soutiendra ces initiatives ? Je vous avoue volontiers que je ne conçois pas qu’elle s’abstienne au minimum de protester : nous sommes bien loin des « Instants [nom de la pâte à tartiner] », vous ne trouvez pas ? »

Suite à ce courrier et l’action du réseau « Encore féministe ! », le CSA avait sévi. Libération s’en est fait l’écho dans un article du 21 juin 2001, en oubliant de parler des féministes à l’origine de cette action. Dans le même ordre d’idées, la société en question, qui m’a écrit puis téléphoné, m’a presque raccroché au nez quand elle a compris l’instrumentalisation dont elle était l’objet de la part du réseau « Encore féministe ! »
C’est Benoîte Groult qui disait : « Je dis Je suis féministe et on me regarde avec compassion. » Je crois que c’est encore pire que ça !

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