Individu @3

En lisant Le Parisien du 4 août 2011, j’ai été arrêtée par le titre d’un article page 4 : « L’appel des avocats de Nafissatou aux employées d’Air France ». « Nafissatou » ? Cette femme n’aurait-elle donc qu’un prénom ? Dans le chapeau, on trouve « Kenneth Thompson », « Douglas Wigdor » et « Dominique Strauss-Kahn », des hommes donc, qui ont un nom entier, eux. Dans le texte, Naffisatou Diallo retrouve son nom et s’appelle même parfois « Mme ». Ouf !
Je décide pourtant d’éplucher les titres du Parisien de ce 4 août. Sur la page d’en face, je trouve « Aubry » et « Royal », sans prénom, et tout au fil du journal des femmes et des hommes, désignés soit par leur nom entier (prénom + nom), soit par leur nom seul à l’exception de… deux enfants ! « Hommage à Pau pour le meurtre inexpliqué d’Alexandre, 13 ans » (page 10) ; « Qu’est devenue Maddie ? » (Supplément Le journal de l’été).
Voilà. C’est acquis. La victime de ce viol présumé très médiatisé est assimilée à un enfant, ce qui peut avoir pour effet de la rendre sympathique, mais aussi irresponsable… Je crois pourtant que cela va au-delà : retirer son nom (de famille) à une femme, c’est surtout la sortir de ce qui la rend respectable et la rattache soit à son père, soit à son mari. Elle est ainsi chair disponible, objet sexuel à disposition de qui en voudra. N’est-ce pas messieurs… ?

4 commentaires pour Individu @3

  • Autant je suis d’accord avec ton raisonnement qui conclut que Nafissatou (un f, deux s…) est assimilée à une enfant-victime, autant le « ainsi » de la dernière phrase me semble contestable. Les enfants dont on ne cite que le prénom ne sont pas rendus « chair disponible » par ce procédé, je crois. Pour ma part, la compassion que je crois suggérée par cet emploi du prénom seul me paraît bien typique du Parisien…

    • Cécyle

      Je voudrais que tu aies raison et que ce langage soit propre au Parisien… Je n’avais pas fait attention à cet « ainsi », qui peut en effet faire des enfants une chair disponible…
      A voir comment leur nudité est mise en avant, dans la publicité par exemple… Oui ! ils sont aussi chair disponible… Malheur !

  • Valérie

    L’utilisation du prénom sans le nom est dans ce cas, un signe de compassion je crois, il s’agit comme vous dites de la rendre sympathique … enfin cette histoire est tellement rocambolesque faite de rebondissements, de non dits, de non sens, de débordements médiatiques (et je pèse mes mots) que plus rien ne doit nous étonner … au delà du sujet lui-même, cette « histoire » montre à quel point nous (pauvres lectrices / lecteurs) sommes manipulé(e)s par le déferlement médiatique où la vérité, la justesse des sources n’est que secondaire, l’important étant le buz, le scoop, le titre accrocheur … au delà des faits …

    • Cécyle

      Je crois vraiment que rendre cette femme sympathique n’est pas le fond de l’intention même si on pourrait le croire…
      Cf mon billet du jour.

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