Aïe ! @2

Arteradio.comJ’aime beaucoup les podcasts d’Arte radio. Je suis abonnée depuis longtemps et découvre au fil des semaines des reportages, des expérimentations sonores, des œuvres de fiction… Autodéfense féminine est un reportage sur un cours d’apprentissage de gestes d’autodéfense pour les femmes par les femmes. La formatrice veut que les femmes retrouvent ainsi leur autonomie. Le contraste est souligné par le montage entre les propos et le contenu des cours.
Des élèves parlent de ce qu’elles retirent de ces séances. L’une dit penser à des gestes dans sa tête, par exemple un coup de talon dans le genou : « C’est aussi un mouvement qui me rassure énormément. Je suis persuadée que le genou n’est pas cassé et que j’aurais le temps de partir. » Une autre dit que pour elle l’autodéfense, c’est « d’arriver à avoir une telle confiance qu’en fait il ne m’arrive plus de situations de violence. » Il s’agit « de reprendre le pouvoir, reprendre sa place », « d’occuper cet espace qu’on ne m’a pas donné », « de se redonner confiance ». Il est dit « l’idée est vraiment de faire baisser la violence, (…) de pouvoir arrêter les situations dès qu’elles commencent à arriver ».
Les situations potentielles sont évoquées : l’homme collant qui veut embrasser une femme quand elle n’en a pas envie. Il s’agit de se défendre de ce qui peut arriver au quotidien, pas forcément d’une violence exceptionnelle. Voilà qui donne à réfléchir sur les rapports entre hommes et femmes telles que ces femmes les perçoivent et, hélas, sans doute, les vivent.

1 commentaire pour Aïe ! @2

  • Merci pour le lien sur « Arte radio », je ne connaissais pas !
    Par contre l’autodéfense telle que présentée là, je connais.
    Suivie un soir dans une rue déserte d’Avignon, au lieu de presser le pas (de fuir), je m’arrête, me retourne et dis : Vous me suivez ? Oui, m’est-il répondu. Alors, je vous en prie, marchez à côté de moi. Et nous entamons une conversation (qui l’a vraiment désarçonné) jusqu’au théâtre où je me rendais.
    Une seconde rencontre, récente, avec un nazillon éméché m’a confirmé que ça pouvait fonctionner… Il m’a prise par l’épaule, sans violence, pour me dire qu’il n’aimait pas les allemands car ils avaient fusillé son grand-père. Ne m’éloignant pas de son bras, j’ai levé mes yeux d’abord vers sa canette de bière, puis affectueusement vers son visage et lui ai dit : votre grand-père, s’il était là, ne serait pas fier de vous… Il s’est détaché de moi, comme une feuille morte.

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