Manque @1

Le manque est-il forcément synonyme de souffrance ?
J’ai été confrontée à plusieurs reprises à cette question ces derniers mois ; face au manque, celui concomitant à l’absence physique de l’autre, je n’ai pas éprouvé de souffrance insurmontable, ou plus exactement, j’ai réussi à « sublimer » (est-ce le mot ?) la souffrance en concentrant mon attention sur le souvenir, la perspective de se retrouver, autant de choses qui m’ont ramenée dans la joie. Cela a fonctionné avec l’aide de la technologie moderne (texto, mail, téléphone), autant de moyens de communiquer qui permettent de garder le lien sans forcément se voir.
Parce que j’ai exprimé cela, je me suis vu opposer mon manque de désir, mon manque de sentiment : puisque je ne souffrais pas à l’absence physique de l’autre, alors, je ne l’aimais pas. « Aimer »… Je n’en étais certainement pas là, mais je ne crois pas que c’était le fond de la question. J’en ai discuté avec Sarah, qui me connaît bien. Elle m’a dit qu’en effet, le manque est le plus souvent associé à la souffrance et que si je ne fais aujourd’hui plus cette association, je l’ai eu faite. Serait-ce à dire que j’avance ? Qu’est-ce que ce serait chouette !
Voilà où j’en suis de cette question qui aura peut-être une suite sur ce blog… Une dernière remarque : cette « sublimation » ne fonctionne que si l’autre existe, entendre par là que s’il s’agit d’affronter le manque que provoque le célibat ; je ne sais pas (encore) capable de cultiver ma joie sur un autre putatif… mais comme je m’intéresse à la vie de Jésus, qui sait, cela peut arriver !

6 réflexions sur « Manque @1 »

  1. Valérie

    Je crois qu’il faut alors définir de quel type de manque il s’agit … Une personne peut manquer à une autre parce qu’elle n’est pas là physiquement, tout en sachant que des retrouvailles vont arriver … dans ce cas là, il me semble que ce manque génère une « envie » (pas forcément physique, je veux dire au sens sexuel du terme … quoique ..) de l’Autre et ne peut être que bénéfique. Dans votre cas par exemple, le manque n’a en rien induit une rupture totale de liens … Et oui, vous avez sublimé ce manque liée à une absence physique par une mode de relation différent … qui a pu d’ailleurs créer une certaine forme de joie, d’envie, de désirs assouvis ou pas …
    Par contre lorsqu’il s’agit d’un manque lié à une rupture, au départ d’un être cher, d’un être aimé, les choses peuvent être différentes … parce que l’absence peut prendre tout l’espace et accaparer tout l’oxygène de vie … tout à coup on étouffe sans pouvoir trouver la bouffée d’air qui nous redonnera l’envie, « l’en vie » … et là je crois que l’on souffre, et que l’on souffre vraiment … et puis le temps fait son oeuvre et on commence par se trouver des mécanismes de défense, puis on finit par « sublimer » cette souffrance par le souvenir, les moments heureux, l’écriture … et finalement, on transforme ce qui nous a fait tant souffrir par de l’art, du beau, de l’intouchable … mais le cheminement est long, très long ..

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Je pense que je me situais dans la première hypothèse. Car si effectivement le manque s’exprime à l’égard de quelqu’un à jamais disparu, c’est effectivement une autre paire de manches.

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  2. Valérie

    Non je ne parlais pas d’une personne disparue au sens défunt du terme … je parle d’une rupture amoureuse par exemple et du manque que l’on peut ressentir quand on n’a pas souhaité cette rupture … Quand l’Autre décide de rompre les liens définitivement sans que soi même on puisse y mettre un sens … du coup le manque jailli et la souffrance est parfois incommensurable …

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Je l’avais bien entendu en ce sens.
      Je ne connais pas cette sorte de manque (un être vous manque et tout disparaît) ; ou je ne m’en souviens pas. Je ne sais pas trop… J’ai toujours su pourquoi la relation se terminait et même quand je n’étais pas d’accord, ou quand l’autre n’était pas loquace, il ne m’a jamais semblé que la rupture fût incongrue. Je distingue très bien la « possibilité de la relation » du sentiment, ceci explique sans doute cela. Mais je ne veux pas faire ma fière ; cela peut m’arriver ; et cela m’est sans doute arrivé mais j’ai une bonne faculté d’oubli, surtout quand ça m’arrange !

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  3. elle17

    Si je peux me permettre – un peu tard, il est vrai- cela ne suffit pas toujours d’avoir compris la rupture, le pourquoi de la « non-possibilité de la relation ». Quand le manque est là, il s’immisce en soi, il envahit les entrailles, étrangle la gorge, étouffe le corps…et comme tu le dis Cécyle, ça n’est pas insurmontable. Mais dans ce cas, je trouve que la notion de temps a alors une fâcheuse tendance à changer les mois en une éternité.
    Souhaitons que cela n’arrive plus et n’arrive jamais à d’autres.
    Le manque ne me manque pas.

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