Route @3

Isabelle a récemment organisé un jeu de piste sur un site communautaire. Près de quarante personnes étaient inscrites ; le jeu était gratuit, sans obligation de participer, avec des lots… et trois règles : former des équipes de trois personnes ; ne pas s’inscrire au-delà d’une certaine date et ne pas venir accompagné sans inscription préalable.
Pour avoir voulu faire respecter ces règles (notamment celle des « trois par équipe »), Isabelle a dû essuyer des commentaires désobligeants et d’autres voulant se situer sur le terrain du « Quand même, ce n’est pas si important ces règles, on est là pour picoler euh… pardon, rigoler ». Et je n’exagère pas !
Isabelle a été affectée par ces commentaires mais surtout (elle me corrigera si je me trompe) par cette mise en cause de la légitimité de la règle. Et je suis comme elle, affligée. Comment peut-on en effet croire que mettre en cause la règle (celle qui ne nous arrange pas, en général) n’équivaut pas à en créer une nouvelle, plus contraignante encore, parce qu’elle s’impose de fait aux autres au risque de mettre en péril l’équilibre nécessaire à toute action collective ? C’est en outre une marque de mépris à l’égard de la personne qui organise (en l’espèce Isabelle) et si l’enjeu politique échappe, au moins l’enjeu humain pourrait être compris…

16 réflexions sur « Route @3 »

    1. Cécyle Auteur de l’article

      Si jolie photo, qui dit si bien ce qui nous lie Isabelle et moi, que je me dois de t’en remercier publiquement, Sophie.
      Merci, donc.

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  1. Valérie

    La remise en cause de la règle qui consiste à en imposer une autre ne serait-elle pas liée au phénomène d’égologie qui caractérise notre société actuelle ?
    D’autres diront que la règle est faite pour être transgressée, pour tester les limites de l’inter dit (oui en 2 mots) …

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    1. Isabelle

      Je crois que cela a aussi à voir avec le ludique. Le côté « adulescent » pour lequel le plaisir du loisir doit primer s’exprime dans une sorte de fausse lutte contre ce qui est considéré comme rigide, contre la « version du père » comme disait Jacques L.
      Cette sorte de régression s’exprime autant dans les feux rouges grillés en vélo que dans une sorte de revendication de « liberté » de faire comme on veut.
      Le problème du principe que « la règle est faite pour être transgressée » est qu’elle s’auto-contredit forcément : soit elle devient une règle, soit elle n’est pas complètement appliquée…

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  2. Valérie

    Je suis d’accord … mais nous avons toutes et tous à un moment où à un autre transgressé une ou plusieurs règles … pour s’amuser c’est vrai (le côté ludique), pour prendre des risques, pour provoquer, pour se mettre en danger (le côté « adulescent » sans doute) … et pour d’autres la règle est enfermante, alors ils l’ignorent où la remettent en cause de façon systématique, et pas forcément de manière consciente d’ailleurs …
    Mais je crois qu’une règle avant d’être réellement appliquée, doit être assimilée comme telle … c’est toujours une question de sens …

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Il y a deux manières de transgresser la règle ; soit on la conteste de front ; soit on tente de la pervertir.
      Pour être dans l’inter-dit (ce qui est dit entre), il me semble plus judicieux de tenter la perversion ; c’est ce que font les créateurs dans les régimes totalitaires pour s’opposer à la règle sans s’exposer à la sanction.
      Dans le cas qui nous occupe, la contestation était celle de l’enfant qui cherche la limite, qui croit que sa toute-puissance doit s’imposer au monde. Et ce qui me gène dans ce genre d’attitude, c’est bien le manque de respect de l’autre… ce d’autant que ce manque de respect dit le peu d’espoir en un monde meilleur que portent en eux les joueurs des bacs à sable.

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  3. Valérie

    Les « joueurs de bacs à sable » restent malgré tout très imprégnés de ce qui fait leur monde, imprégnés par leur environnement … Ils sont bien souvent le reflet de ce qu’ils voient, vivent, entendent, ressentent … le manque de respect de l’Autre est aujourd’hui une des composantes essentielles des relations humaines … hélas …

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    1. Cécyle Auteur de l’article

      Je n’ai pas envie de perdre espoir…
      J’ai manqué de bienveillance, dans mon expression ; certains jours, j’ai des limites. Mais je ne veux pas perdre espoir, même pas en les bacs à sable.

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  4. Valérie

    Oui surtout « ne pas perdre espoir » … et faire en sorte d’en (re)donner à ceux/celles qui croient l’avoir perdu … c’est une de mes missions professionnelles et aussi et surtout un engagement, alors je suis comme vous, je ne veux pas perdre espoir … je crois en l’Etre Humain mais j’essaie d’avoir un regard objectif et juste sur ce que nous faisons de notre société …

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  5. Cécyle Auteur de l’article

    Nous croyons donc en la même chose. Cela ne me surprend pas.

    Je vous laisse quelques jours en tête à tête (ou presque) avec Isabelle.
    A bientôt.

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  6. Valérie

    Que répondre à cette question ? J’avoue ne pas en avoir saisi la subtilité mais je devine la forme d’humour qui se cache derrière … Donc comme vous pouvez le constater ma tête est un peu ailleurs, côté nuages …

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