Brosse @6

Nos pratiques sportives à Isabelle et à moi nous fournissent souvent l’occasion de poser nos regards sur le monde ; il vous suffit de cliquer sur le mot clé « Judo » pour vous en convaincre ; car oui, nos mots clés sont parfois un peu codés… Ce n’était pas mon sujet. Je reviens sur le tatami, ou plutôt dans le vestiaire qui dans mon dojo du mardi est une pièce divisée par des fils où pendent des rideaux de douche, un côté garçon, un côté fille.
Je suis en train de me changer. Monsieur C., dont j’ai déjà parlé, discute avec la maman d’un jeune judoka. Elle se plaint.
— Vous le grondez tout le temps !
— C’est pour en faire un homme, pas une tapette !
J’interviens de derrière le rideau.
— Mais les tapettes, monsieur C., ce ne sont pas des hommes ?
Silence. Ils reprennent, sans tenir compte de ma remarque. Leur conservation tourne toujours autour des méthodes d’entraînement. Monsieur C insiste.
— Moi, je forme des femmes et des hommes, pas des tapettes !
Je sors de derrière le rideau, tout sourire.
— Mais je suis une tapette, monsieur C. Et pourtant je suis une femme…
Il sourit aussi. Nous savons lui et moi qu’il n’est pas homophobe. C’est juste une « façon de parler ». Mais si notre jeune judoka avait été présent, lui ou un autre, il me semblait important de relever cette bien mauvaise manière de dire.

2 commentaires pour Brosse @6

  • Isabelle

    Si on dit tapette pour les garçons, comment on dit pour les filles ? Tapée ? Donc, quand un homme dit « Je me la suis tapée », c’est que la fille est lesbienne ? Qu’est-ce qu’il y a comme lesbiennes alors !!!

  • Quentin

    très bonne réaction, ça me motive plus loin dans notre projet perso
    Q.

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