Archives mensuelles : juin 2011

Sauna @10

Moi ?Je suis du signe censément le plus noir et puissant du zodiaque occidental. M’ouais… C’est le signe charismatique, intuitif, qui arrive à ses fins, mais aussi autodestructeur, sombre, passionné et j’en passe. Pour ma part, j’en conclus que c’est foireux.
D’ailleurs, si je regarde des extraits de mon horoscope sur un site spécialisé, voilà sur quoi je tombe en cette fin du mois de juin…
Le mois : « Les célibataires sont en période de chance également. Jupiter forme un magnifique aspect à Neptune qui se situe dans votre secteur sentimental. La rencontre espérée se produit, cet aspect est vraiment très puissant et il peut amorcer un changement de cycle particulièrement important. Vous vous sentez heureux(se) et comblé(e). »
Cette semaine : « Si vous êtes célibataire, vous décidez de ne plus vous satisfaire à moitié seulement, et vous vous libérez de cette personne qui voudrait bien mais qui n’avance pas. »
Un jour de la semaine dernière, j’avais droit à un « amour impossible ». Quant à un jour de cette semaine, c’est « Si vous êtes célibataire et qu’il y a quelqu’un qui vous plaît, arrêtez de jouer l’indifférente ! »
Tout ça pour la même personne, c’est clair que j’ai l’intuition d’être sombrement passionnée et d’arriver charismatiquement à mes fins autodestrutives. D’ailleurs, j’ai toujours plus tendance à m’y retrouver dans ces prédictions quand elles sont négatives plutôt que positives, « sombre » on vous dit !

Route @3

Isabelle a récemment organisé un jeu de piste sur un site communautaire. Près de quarante personnes étaient inscrites ; le jeu était gratuit, sans obligation de participer, avec des lots… et trois règles : former des équipes de trois personnes ; ne pas s’inscrire au-delà d’une certaine date et ne pas venir accompagné sans inscription préalable.
Pour avoir voulu faire respecter ces règles (notamment celle des « trois par équipe »), Isabelle a dû essuyer des commentaires désobligeants et d’autres voulant se situer sur le terrain du « Quand même, ce n’est pas si important ces règles, on est là pour picoler euh… pardon, rigoler ». Et je n’exagère pas !
Isabelle a été affectée par ces commentaires mais surtout (elle me corrigera si je me trompe) par cette mise en cause de la légitimité de la règle. Et je suis comme elle, affligée. Comment peut-on en effet croire que mettre en cause la règle (celle qui ne nous arrange pas, en général) n’équivaut pas à en créer une nouvelle, plus contraignante encore, parce qu’elle s’impose de fait aux autres au risque de mettre en péril l’équilibre nécessaire à toute action collective ? C’est en outre une marque de mépris à l’égard de la personne qui organise (en l’espèce Isabelle) et si l’enjeu politique échappe, au moins l’enjeu humain pourrait être compris…

Dixit @2

Je parlais après le week-end de la Pride avec Sarah des violences auxquelles nous devons tous faire face, chacun de « notre côté » de la relation : relations filiales ; relations amoureuses ; relations amicales ; pourquoi faut-il que tout se règle à coup de mots qui frappent plus fort que des poings, à coups de façon de faire que nous vivons comme désobligeantes, irrespectueuses, violentes ?
Je ne suis sans doute pas exempte d’attitudes et de mots que d’autres ne comprennent pas et qui blessent mais, en ce matin du 27 juin 2011, j’ai considéré que c’était moi la victime et ai éprouvé le besoin de sauver ma peau, de faire dos à la violence et me concentrer sur celles et ceux qui me font du bien. Je crois en la bienveillance, en la mienne aussi. Et tant pis pour qui n’y croit pas ; le monde est suffisamment vaste pour que chacun trouve son bonheur.
Et j’ai eu sans préméditation cette phrase pour dire à Sarah ce choix de ceux qui me font du bien : « On va se serrer les moules ! »
Serrons !

Clavier @3

Bonjouir !Dans la série « Clavier mon ami », un petit décalage d’une main sur un périphérique informatique m’a permis de me retrouver affublée d’un prénom rare, à consonance très islandaise… D’Isabelle, je suis passée à Usavekke. Heureusement, mon nom n’a pas subi le même sort et toutes les bonnes lettres sont bien là. Cela permet de retrouver mon dossier d’examen là où ma fameuse ascendance nordique a été révélée : un cabinet de… pathologie.

Décroissance @6

Miam !

En ce mois de juin, je me suis rendue avec Pierre, un copain, dans une ferme d’un de ses amis. Deux frères, Fabrice et Didier, sont maraîchers. Ils ont repris la ferme familiale et cultive sur quelques treize hectares. J’avais déjà acheté de leurs produits, délicieux.
Fabrice a pris le temps de mener une visite pour Pierre et moi. J’ai vu des plants de diverses sortes de haricot, de tomate, de courgette et de concombre avec leur fleur, de fraise… Le tout avec des explications sur les techniques utilisées et les différences entre l’agriculture raisonnée qu’ils pratiquent et le bio.
Fabrice expliquait qu’avec les doutes sur les productions espagnoles, les ventes avaient augmentées (sur les marchés et au point de vente de la ferme). Il évoquait aussi les clients qui demandaient si c’était bio et s’en allait en entendant la réponse négative. Pourtant, le mode de production de cette ferme s’en rapproche et Fabrice connait bien les contraintes d’une agriculture labellisée bio, ne serait-ce qu’en terme économique.
En tous les cas, j’ai pris un grand plaisir à cette visite. J’y ai appris beaucoup, j’ai découvert des techniques, j’ai vu diverses étapes de développement de légumes, j’ai rencontré quelqu’un de gentil, attentif, passionné pour un métier pas facile. De quoi me donner encore plus envie d’acheter dans sa ferme qu’au supermarché. D’autant plus que le soir quand j’ai rangé mes achats, humé les fraises, cuisiné… puis dégusté !
NB : Je ne vais pas donner ici, sur ce blog sans pub, l’adresse du site de cette ferme, mais vous pouvez me la demander via l’adresse contact.

Individu @1

Je supporte assez mal que l’on désigne une personne par le terme d’ « individu »… Ils sont si souvent « bien connus des services de police » que l’appellation est devenue péjorative. Antidote me le confirme d’ailleurs, laissant les sens non péjoratifs à des usages scientifiques. Le Petit Robert confirme.
Et Isabelle écrit : « Ce type de procédé ne risque pas d’aider les individus qui ont déjà du mal avec les pourcentages et vont associer une différence de prix à une baisse d’économie. » Les forts en math auraient-ils été des personnes ? Mystère…

Note : il faut bien que l’on s’épingle un peu entre nous ; on ne voudrait pas vous faire croire en notre complaisance réciproque… ne serait-ce que parce que notre bienveillance mutuelle est totale !

Féminité @2

http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/Mon expérience des trans est différente de celle d’Isabelle et, si je partage la critique féministe proposée, je voudrais juste raconter une histoire.
J’avais une douzaine d’années. Nous rentrions en voiture avec maman. À la sortie de Montpellier, elle s’est arrêtée devant une femme faisant du stop : une femme, jupe courte, cheveux longs. Maman a ouvert la portière passager :
— Viens Didier, je te ramène.
Didier ? Du haut de mes 12 ans, de ma bigleuserie et de la nuit, comment imaginer que cette femme était un homme ? Je me suis tassée sur la banquette arrière et ai écouté leur conversation faite de phrases courtes. Didier parlait d’une voix grave comme celle d’un homme. Je sentais que quelque chose était très dur pour cette femme qui s’appelait et parlait comme un homme ; car déjà, son apparence me semblait plus probante que son prénom et sa voix.
Après qu’il fût descendu de voiture, maman m’a expliqué qu’il s’agissait d’un transsexuel, une erreur de la nature qui avait mis une femme dans un corps d’homme, que Didier se prostituait pour payer la chirurgie et que je devais le considérer comme la femme qu’il était au fond de lui. Elle a conclu en m’expliquant qu’elle l’aidait psychologiquement et qu’avec elle, il préférait utiliser sa voix d’homme et son prénom masculin. J’ignore pourquoi.
J’ai gardé de cette rencontre l’idée qu’il ne m’appartient pas de décider de l’identité de l’autre, même si cela me heurte, même si cela me choque ; et j’ai toujours soutenu les trans, au nom du respect dû à chacun. Dans le même ordre d’idées, je n’autorise personne à dire qui je suis ni comment je dois être. Et c’est là que je rejoins le propos d’Isabelle.
Quant à la question du combat LGB qui se marierait avec T, il faudrait l’avoir, en effet. Les trans sont peu nombreux et nos causes souvent se rejoignent… Pour ma part, ces deux arguments me suffisent à condition, bien sûr, que chacun respecte l’autre dans son identité.

Féminité @1

http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/J’ai toujours été gênée par l’association revendiquée des homosexuels, bisexuels et transsexuels, le fameux LGBT, qui de façon ridicule devient maintenant le LGBTH, voir LGBTHI. Cette volonté forcenée de vouloir concilier les intérêts de ceux qui revendiquent une orientation sexuelle et ceux qui défendent une identité sexuelle aboutit à une aberration : certains nient ce que d’autres revendiquent, dans une pseudo-communauté d’esprit. J’affirme pouvoir être une femme sans correspondre aux stéréotypes de la féminité, contrairement à ce à quoi renvoie la majorité des trans.
J’avais essayé d’écrire un billet sur ce sujet, sans arriver à me détacher d’une sorte d’auto-censure de la critique de ce qui est présenté comme une telle évidence de communauté de combat. J’ai trouvé sur un blog un article exposant exactement ce que je pense sur le site d’Agnès Giard intitulé Les 400 culs.
Dans mes premières années de militantisme, j’ai rencontré des trans avec lesquelles j’ai sympathisé, alors que d’autres avaient un discours dans lequel je me sentais niée, rejetée. Même si les queer studies peignent ce regroupement d’une « légimité » intellectuelle, aucun argument en ce sens ne m’a jamais convaincue. Comment est-il possible de prétendre que la transsexualité est à la pointe de l’avant-garde théorique ? Comment arguer qu’elle met en question le genre alors qu’il s’agit avant tout de faire coller du ressenti avec des apparences ? Celles-ci se fondent sur des clichés, codes, normes, stéréotypes étiquetés sur les femmes pour qu’elles rentrent dans le moule social. Ce sont des prescriptions liées au modèle hétérosexuel dominant. L’opération et le changement d’état civil demandé signifient que la femme se réduit à un corps et une étiquette de genre. Personnellement, je trouve cela au mieux conservateur, au pire particulièrement rétrograde.
Je n’oublie pas la différence entre transsexuels et transgenres. Le point commun est de revendiquer un droit à s’habiller « comme » ceux de l’autre genre. Par là même, ils renvoient l’autre sexe à l’image sociale qui correspond : les femmes sont féminines, les hommes sont virils. Les trans voulant « devenir femmes » doivent être identifiées d’emblée comme des femmes, donc correspondre à ce qui leur est arbitrairement attribué : les jupes, le maquillage, les talons, la mise en avant des seins, etc., mais aussi une certaine délicatesse, voire une préciosité, bref, tout ce qui est de l’ordre de la représentation arbitrairement renvoyée à une essence du genre féminin.
Je n’ai pas plus d’arguments pour ou contre les choix à effectuer. Simplement, cela m’a fait du bien de lire un texte se permettant une critique au fond féministe d’un discours peu mis en question. D’autant plus que j’ai affronté des critiques, voire des attaques, parce que je ne rentrais pas dans ce fameux moule de la féminité. Les trans disent souffrir de ne pas être en adéquation avec ce qu’ils sont eux-mêmes. J’ai souffert de ne pas pouvoir vivre en adéquation avec ce que je suis à cause d’une foutue représentation caricaturale de la féminité que la majorité cherche à imposer aux femmes ou utilise pour les rabaisser. Il m’est donc difficile d’accepter un combat qui revient à défendre cette imagerie.
J’ai rencontré des trans avec lesquels je pouvais mener un combat commun, car leur discours ne visait pas à dire ce qu’est la femme, mais à aspirer à vivre leur choix individuel. C’est certainement plus difficile à défendre à certains moments, mais cela ne les a pas empêchées d’arriver à leur fin : devenir des femmes. Que cette expression est ambigüe… Quelle différence alors ? Celle entre un individu qui souhaite devenir une femme parce qu’il ne se sent pas homme dans une société comme la nôtre où il faut « être » d’un genre social défini, avec les attributs, activités, etc. socialement accolés. Ce n’était pas des femmes prônant une vérité en soi de la féminité. Il existe un autre moyen de défendre le principe essentiel de l’épanouissement de chacun. C’est une façon de pouvoir concilier les intérêts, les souhaits, les envies, les besoins de chacun sans être au détriment les uns des autres.

Objectivement @3

+ d'économies !L’accroche d’une publicité m’a sauté aux yeux l’autre soir dans un couloir de métro. L’affiche présentait un produit moins cher (que par lot ou dont le prix baissait par promotion, je ne sais plus). L’essentiel était d’indiquer ce que produit était moins cher tel qu’il était présenté là. Un prix était barré et un autre, moins élevé était indiqué à côté. Une petite étiquette précisait sur deux lignes l’une juste en dessous de l’autre « -28 % » puis « d’économie ».
À force de vouloir en rajouter pour frapper le consommateur, l’addition des marqueurs devant appâter le chaland conduit à brouiller les repères de compréhension. Je ne doute pas qu’il y avait 28 % de différence entre les deux prix (donc -28 %) et que l’acheteur bénéficie de 28 % d’économie. Mais accoler -28 % d’économie signifie que l’on fait moins d’économie que… que quoi ?
Ce n’est pas seulement l’absurdité de cette négation censée surenchérir sur le terme d’économie qui me désole, mais l’utilisation par les publicitaires et entreprises d’un nivellement de la langue et donc de la possibilité de comprendre le monde pour ceux qui maîtrisent le moins la langue qui m’afflige. Ce type de procédé ne risque pas d’aider les individus qui ont déjà du mal avec les pourcentages et vont associer une différence de prix à une baisse d’économie. Si encore, du coup, ils s’insurgeaient qu’on leur vende comme un bien une telle baisse dont il n’y a pas à se vanter, mais parions plutôt qu’ils aient encore plus de mal à comprendre les ressorts du calcul de pourcentage.

NB : d’ailleurs le site de cette enseigne proclame bien qu’il s’agit d’offrir + d’économies à ses clients, pas – !