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Route @2

Têtu.com s’est fait l’écho d’une étonnante discrimination dont a fait l’objet un automobiliste italien : son permis lui a été suspendu après qu’il a révélé son homosexualité au motif que celle-ci « fait surgir des doutes sur la continuité des aptitudes psychophysiques requises pour posséder le permis ».
On s’indigne bien sûr, mais ce n’est pas le plus intéressant. La question que je me pose est de savoir à quoi ce motif pourrait bien faire référence. D’abord, je relève la référence à un concept que j’avoue ne pas connaître « la continuité des aptitudes psychologiques ». Car les « aptitudes psychologiques », je connais. On peut imaginer, par exemple qu’il est impossible à un homme de conduire en toute sécurité s’il bande chaque fois qu’il croise un gendarme. Cela expliquerait d’ailleurs pourquoi les femmes hétérosexuelles sont réputées si mauvaises conductrices : le désir du gendarme les pousse invariablement à la faute.
Ce n’est bien sûr qu’un exemple pourtant hors de propos puisque l’argument est la « continuité » de l’aptitude psychologique et non l’aptitude elle-même. Qu’est-ce qui, dans le fait d’être homosexuel, provoquerait invariablement une rupture de la continuité de l’aptitude… sexuelle, c’est le poppers… psychologique… ? Vraiment, je m’interroge. À moins, bien sûr, que le rédacteur de l’argument ne soit un grand défenseur de l’homosexualité qui craint que face à l’homophobie ambiante beaucoup de pédés ne renoncent à leurs penchants et se mettent à débander à la vue du gendarme…
C’est tordu comme raisonnement, j’en conviens. Vous avez une meilleure idée ?