Bigleuse @5

Atelier d'écritureJe participe à un atelier d’écriture sur plusieurs séances. La seconde était autour de l’autoportrait. Quelques consignes étaient données, notamment qu’il s’agissait de se décrire en tant qu’un autre. En effet, au début de l’atelier, chaque participant avait dû remplir deux feuilles : d’une part, une fiche personnage avec un genre, un âge et trois traits de caractères, et, d’autre part, un morceau de papier en indiquant soit un végétal, soit un objet, soit une caractéristique physique… Le tout était mélangé et chaque participant tirait un de chaque.
Nous étions cinq. Une des personnes a eu les deux papiers qu’elle avait rempli et du coup les a gardés. J’avais choisi comme mot « peuplier » et un personnage « masculin de 39 ans, taciturne, franc et loyal« . C’était intéressant de voir les réactions à la lecture de ce que chacun avait pioché, puis d’écouter les textes, notamment ceux créés avec ce que j’avais noté, personnages et arbre n’ayant pas été tiré par la même personne.
Pour ma part, le sort m’a attribué les indications suivantes : « Femme, 50 ans, spontanée, curieuse, acariâtre » et « La cécité ». Les autres ont été soulagés de ne pas avoir à travailler sur un personnage avec ce handicap, car l’autoportrait devenait « en aveugle ». Bien sûr, j’ai tout de suite pensé à ce que je connais de Cécyle.
J’aime beaucoup travailler sur des textes courts avec ce cadre et, pour ceux qui veulent – et j’en suis – des mots imposés. Il y avait cette fois « forme – plupart – affaire – heure – progressivement » que j’ai tous placés.
L’exercice m’a été plaisant. J’ai repensé à mes discussions avec Cécyle et ce que je connais de sa perception. J’ai notamment tout de suite eu en tête un de mes textes préféré d’elle, écrit pour Au Bord, fanzine que j’avais créé. Cécyle n’est pas (encore ?!) acariâtre, et n’a pas (encore) cinquante ans, mais du coup, j’ai pu me démarquer de sa personnalité. J’ai donc travaillé sur un autoportrait d’une blonde à la peau blanche (dit-on…) qui décrit ce qui l’entoure qu’elle connait par ses autres perceptions.
Après lecture et discussion sur mon texte, j’ai expliqué que je connaissais une auteure albinos d’où un certain plaisir à ce dédoublement du « je ». Ce qui a tout de même laissé les autres dubitatifs tant l’exercice de l’autoportrait sans pouvoir « voir » leur semblait inconcevable.
La réaction que je guette le plus est bien sûr celle de Cécyle à laquelle j’envoie le lien sur ce billet avec mon texte…

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