Course @6

Dossard sur fond noir (et pas rose !)J’ai participé à une course le 1er mai. Je sais, j’aurais pu plutôt piétiner à la manif, mais j’ai opté pour un sport plus classique que la rituelle mobilisation syndico-politique où Cécyle représentait avantageusement La vie en hétéronomie. Bref, j’ai donc participé à une course où il y avait deux fois plus de participantes que de participants. L’animateur de la course (si, si, il y en a un) annonçait avec plaisir que toutes les coureuses auraient à l’arrivée un brin de muguet.
Pardon, il faut dire les « féminines ». Ah ? Certes, on ne nait pas femme, on le devient, mais féminine, alors euh, je dirais encore plus, car toute époque a ses canons de féminités, même si globalement il y a des marronniers (pas le pantalon ni les godillots). Il y a donc des « féminines » qui participent d’ailleurs à des « courses féminines », car c’est le nom des courses réservées aux femmes. Je ne connais pas de courses réservées aux hommes, d’ailleurs, ce serait de la discrimination, non ? Et l’inverse ? Disons, qu’aucun homme, pardon aucun masculin, n’a dû se plaindre de ne pas pouvoir participer à une course de gonzesses.
C’est tout de même étonnant : c’est la course qui serait féminine, pas ses participantes ? Et pour quoi tout de même ne pas parler des femmes ? L’utilisation de « féminine » renvoie à la femme dans une vision stéréotypée : on ne parle pas de sexe, on parle de genre et en ce faisant, on assimile l’un à l’autre. Une femme non féminine est alors une contradiction dans les termes. Mais, qui définit la féminité ? Elle et Lui, non ? J’entends bien par là les titres de presse.
Comme je me reposais un peu, j’ai pour une fois entendu la proclamation des résultats. C’était assez long, car il y a de multiples catégories, ce qui me donne l’espoir de monter un jour sur le podium, comme super-vétéran (un truc de senior). À chaque fois, il était question des « féminines » puis des « hommes ». Ce martelage de l’adjectif substantifié m’a mise mal à l’aise, tant il révèle une normativité. Comme l’écrit Antidote, dans les définitions de « féminine », il y a « Qui possède les caractéristiques qu’on attend traditionnellement d’une femme. »
Comment m’y retrouver ? Heureusement, j’avais mon tee-shirt (noir comme le mouton éponyme) pour exprimer ma différence. D’ailleurs, à cette course, j’ai de nouveau eu des soucis de genou, de je-nous (merci Cécyle pour ce jeu de mots), décidément ma difficulté à me fondre dans le moule s’exprime psychosomatiquement, j’vous jure, ce n’est pas du gâteau.

4 commentaires pour Course @6

  • Cécyle

    À propos de moule, tu me la fait quand, cette tarte aux pommes ? … Chérie !

  • Cécyle

    Je viens de recevoir un mail de la commission « féminine » de la ligue de Paris de judo et il est question d’inviter les « masculins » à notre prochain entraîne fille. Voilà donc un certain équilibre rétablie… même si cela ne change rien au fond de la question ! 😉

    • Isabelle

      Mieux vaut l’écrire que le dire, « L’émascule, hein ! », ça pourrait porter à confusion… 😉

      • Cécyle

        En effet !! 😉

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