Route @1

La « toute-puissance » de l’automobiliste est quelque chose que je peine à comprendre au point de susciter ma colère. J’en veux deux exemples récents, un plus dramatique que l’autre, pour l’instant.
L’un des marronniers de la Liste des albinismes où nous discutons de ce qui touche peu ou prou les albinos et leurs parents et amis, est le permis de conduire. Le code de la route limite le passage du permis à une acuité visuelle de 5/10 ce qui n’empêche pas certains d’entre nous de conduire, des véhicules « sans permis », des deux roues motorisés, des vélos… Qu’ils mettent leur vie ne jeu, peu me chaut ! Ce qui m’embête plus, c’est l’idée de traverser la route qu’ils emprunteraient. J’ai tenté d’attirer leur attention sur leur responsabilité civile et pénale. J’ai eu pour réponse « Laisse conduire ceux qui estiment pouvoir le faire avec le maximum de sécurité », comme s’il appartenait à chacun d’être juge de sa capacité à conduire !
C’est certainement ce qu’a fait ce conducteur qui a utilisé son véhicule, privé de son permis de conduire après de multiples infractions, après quelques verres et foncé dans un Abribus à plus de 100 km/heures (en ville) et tué trois personnes. Boum ! J’ignore ce qu’il a déclaré à la police mais il est évident que quand il a pris son véhicule, à l’instar de mon interlocuteur albinos, il a considéré « pouvoir le faire avec le maximum de sécurité ». Et le pire, dans cette affaire, ce sont les déclarations des « témoins » enregistrées vingt-quatre heures plus tard par France 3. Ont-ils dénoncé le comportement irresponsable du conducteur ? Que nenni ! Ils ont, chacun leur tour (ils étaient trois, tous des hommes), dénoncé le carrefour, mal conçu, qui ne pouvait que provoquer un accident !
Serait-ce à dire que ces trois-là étaient sincèrement solidaires de ce conducteur, parce qu’eux aussi prennent le volant convaincus de « pouvoir le faire avec le maximum de sécurité » après avoir bu quelques verres, avec ou sans permis, en dépassant les limitations de vitesse dont chacun sait qu’elles ne sont qu’un moyen détourné de vider les porte-monnaie des pauvres automobilistes injustement surveillés par les méchants gendarmes ?
Oui, je le pense. Henri Tachan chantait que « La chasse (…) c’est le coït des frustrés ». L’automobile aussi !

2 commentaires pour Route @1

  • salanobe

    Hi hi hi ! Décidément, je cumule tous les vices. J’adore conduire, aussi. 😉

    • Cécyle

      Ce blog, sous ses airs bon-enfant, amène au pire ! Bienvenue en Hétéronomie ! 😉

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