Apéro @1

Je suis toujours très surprise de la consommation d’alcool des filles dans les bars et les soirées. J’ai eu bu, comme dirait le roi, mais je n’ai jamais eu besoin d’alcool pour faire les yeux doux à une fille ou tout simplement lui parler. Car ce sont là les arguments généralement avancés, avec ceux de type, de « t‘es pas drôle si tu ne bois pas ». Bien sûr, chacune fait ce qu’elle veut mais je remarque que rares sont les filles (et les garçons !) dont le comportement ne change pas dès le premier verre : voix plus forte, débit plus rapide, pensées moins aiguisées, et, plus tard dans la soirée, gestes moins précis, tendresse moins prégnante… Je me sens alors en décalage et c’est à ce moment-là que je m’ennuie, quand l’alcool emporte l’autre loin de moi qui ne bois pas.
Peut-être est-ce mon propre seuil de tolérance qui baisse. Je ne le nie pas mais je voudrais parfois militer pour ces filles qui ne sont pas spécialement friandes d’alcool et qui prennent une bière histoire de ne pas paraître pour des gourdasses coincées du cul. Oh ! pardon. Je parle mal et je suis pourtant à la camomille ! Quand je me désinhibe, ça donne quoi ? Mieux vaut ne pas chercher à imaginer.

3 commentaires pour Apéro @1

  • Je sais que boire occasionnellement de l’alcool n’est être alcoolique. Mais pour avoir tenu très récemment une conférence sur l’alcool au féminin, voici quelques phrases que j’ai envie de laisser ici :

    La femme alcoolique avoue rarement son penchant, même en ces temps d’outing général… car les femmes alcooliques sont rejetées socialement.

    « La femme alcoolique », c’est un Sujet dont on ne parle pas — ou peu — par honte, par peur. Chez la femme, ce « plaisir » est généralement solitaire, quand les intempérances masculines ne craignent pas leur manifestation publique… Sujet tabou, donc… Avec l’opprobre jeté sur ces femmes… coupables de boire.

    Personnellement, je dirai : victime — et non coupable — mais de quoi ?

    Afin de répondre à cette question, la psychanalyse propose une alternative à la médicalisation habituelle…

    • Cécyle

      Victime à coup sûr.
      De quoi ?
      De l’alcool en tant que tel, qui fait des victimes au-delà de celle ou celui qui boit. L’alcool exclut. L’alcool divise. L’alcool sépare. Et l’alcool tue.
      Je n’ai pas envie d’exclure qui que ce soit mais je crois légitime de dire que je ne veux pas être une victime collatérale. Je n’ai pas envie de juger mais je crois néanmoins légitime de dire que quand l’autre boit, c’est sans moi.
      Et même si je sais combien il est difficile de faire front et face à l’addiction, j’ai quand même envie de dire qu’il est toujours moyen de luter, de se battre, pour soi, pour sa propre liberté. Et quand ça ne marche pas ? Je compatis mais je ne peux pas plus que ça. À chacun ses limites.

      • Cécyle

        J’ajoute juste que si la psychanalyse peut aider, ne nous en privons pas !

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