Charité @2

Robin des ruesJe rebondis encore sur le billet Paris @5 d’Isabelle, une mine, ce billet !
Merci Isabelle.
Donc. La deuxième question est : quelle est la motivation des bénévoles ?
En son temps, la revue Sexpol avait consacré un numéro au militantisme [(3) avril 1975] et titrait : À poil les militants ! Elle indiquait par ce seul titre que la motivation militante est avant tout une motivation à dimension psychoaffective.
On pourrait en effet penser que l’on milite ici ou là pour défendre telle idée, tel projet, telle action collective. Et c’est effectivement le cas. Mais à fréquenter des militants de tous horizons, on se rend compte que « ici » ou « là » sont tout à fait secondaires par rapport au fait de choisir de militer. On milite parce que l’on a besoin d’exister, de reconnaissance, de lien social, de se sentir utile ou bon, d’être mieux à soi, aux autres et au monde, tout simplement. L’endroit où l’on milite dépend ensuite des circonstances, de ses convictions, etc. Seulement ensuite.
Les militants croisés par Isabelle sont comme les autres, comme vous, comme moi. Ils ont choisi cette cause-là mais militent avant tout parce qu’il en va de leur mieux-être à eux-mêmes, aux autres et au monde. On pourrait en déduire que ceux croisés par Isabelle ne sont pas près de se faire du bien par le militantisme. Ça arrive, comme il arrive aussi de tout simplement ne pas être « dedans » ou que des problèmes au sein du groupe grèvent les énergies.
Gageons que demain est un autre jour et qu’un SDF bénéficiera bientôt de l’amour que les bénévoles ont besoin de mettre dans leur cœur. Gageons.

3 commentaires pour Charité @2

  • Isabelle

    J’ai remarqué combien cela est vrai au cours de mes diverses expériences associatives et surtout combien il faut se méfier de ceux qui prétendent n’être là que pour les autres ! Dans bien des cas, ce refus de se penser soi-même s’accompagne du refoulement de ses difficultés sociales, affectives ou mentales. Leur position de héros prêt au sacrifice le plus pur induit une intransigeance et une demande de reconnaissance affective à sens unique. Ils ne peuvent reconnaître l’autre comme autant investi qu’eux et s’érigent en moralisateurs. Parfois, leurs problèmes psychoaffectives ne deviennent pas sources de difficultés, notamment quand ces bénévoles doivent gérer des situations qui les renvoient à la leur. Vive les bénévoles honnêtement intéressés, ce sont les plus intéressants.

    • Isabelle

      Commentaire complémentaire :
      Cécyle, sais-tu d’où vient l’expression « Charité bien ordonnée commence par soi-même » ?

      • Cécyle

        Il s’agit d’un proverbe, dit le Petit Robert sans que je ne le trouve dans le Robert des proverbes… Ni dans celui des citations. Le Littré n’en donne pas plus l’origine mais indique de Charron, dans Sagesse (XVIe) « Comme disent les Hebreux, il faut commencer la charité par soy mesme, »
        Voilà, je ne peux en dire plus, et, pour la bonne bouche, clos cette réponse trop sommaire avec cette citation de Saint François de Sales. « Si charité est un lait, la dévotion en est la crème. » ; si quelqu’un comprend…

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