Corps @2

Le pommeau de ma doucheJe fréquente parfois un établissement appartenant à une chaîne de clubs de sport. Les vestiaires ne comportent pas de cabine ou d’espace à part où se changer. D’ailleurs, les femmes ne semblent pas gênées par la proximité les unes des autres. Toutefois, récemment, les douches ont été refaites. Avant, il n’y avait que des pommeaux accrochés aux murs sans séparation. Maintenant, il n’en reste que deux au vu de toutes alors qu’il y a cinq douches fermées par une porte. Ce n’est pas l’accrochage des affaires qui justifie cette nouvelle configuration, car il n’est pas possible de les mettre à l’intérieur sans les inonder. Serait-ce par pudeur ?…

2 commentaires pour Corps @2

  • Cécyle

    Il est en effet de notoriété publique que le pommeau est d’un naturel pudique ; il n’aime pas la promiscuité visuelle avec ses voisins à cause de ces multiples petits trous qui font, pour son plus grand malheur et honneur, sa fonction.
    Cela vient, d’après ce que l’on m’a dit à David et Jonathan, mouvement homosexuel chrétien, de son origine [Gen 18, 19] : directement issu du paradis perdu, il a dû affronter le serpent pour protéger Adam qui avait glissé sur la savonnette sortie du sac à main de la femme de Loth d’où ses multiples perforations comme autant de traces indélébiles de l’outrage. Dieu en personne, pour le récompenser de son sacrifice — Adam fut sauf, ouf ! —, lui donna la fonction de produire des affusions — les fameuses ! — et aider l’humanité à se laver de ses péchés. Voilà d’ailleurs pourquoi on lui adjoint souvent un flexible qui le tire régulièrement de son logement, pour qu’il puisse intervenir dès qu’une glissade sur savonnette menace la pureté anale d’un humain.
    Quant à la femme de Loth, ce n’est en fin de compte pas parce qu’elle s’est retournée qu’elle a été transformée en statue de sel mais parce qu’elle s’en enduite de savonnette et… Non ? Si ! Incroyable !
    Quelle histoire ! On devrait lire la Bible plus souvent.

    • La femme qui n’est pas nommée, celle de Loth, celle qui se retourne, m’a ramenée à ma recherche sur l’interdit. On lui interdit de se retourner… mais qui le lui interdit ? On. Qui ? Énigme ! Trouver le mot de l’énigme…
      Mais si c’est le Surmoi qui interdit, Thanatos rôde, en effet, et Elle, la femme sans nom, sera sidérée par salaison sur banc de sable !
      En Méditerranée orientale, certains interdits entourent la période des labours : pendant le tracé du premier sillon, le laboureur doit rester silencieux, il ne peut se retourner (sich wenden) ni revenir sur ses pas : des forces invisibles sont présentes, qui pourraient être blessées par un mot prononcé à la légère ou s’irriter d’avoir été aperçues, à la dérobée, par-dessus l’épaule… « Des forces invisibles » — il me semble que le psychanalyste les connaît bien — qui pourraient être irritées par une bé-vue (« ein Versehen »), signifiant d’un désir sans cesse dérobé dans le mal-entendu (ça, c’est « ein Verhören »)… Le malentendu, ne serait-ce pas l’inter-dit ? L’inter-dit, ce qui se dit entre les mots…

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