Charité @1

Je rebondis sur le billet Paris @5 d’Isabelle.
La « charité privée », entendre l’action associative, pose toujours une question de fond : elle permet à l’État (c’est-à-dire nous, nos votes et nos impôts) de faire des économies et de ne pas régler certains problèmes et, en même temps, on ne peut pas ne rien faire car, dans le cas d’espèce soulevé par Isabelle, il y a des gens qui meurent dans la rue ou qui, tout simplement, vivent dans des conditions indignes.
On pourrait ainsi espérer que l’État (nous, nos votes et nos impôts) s’empare d’une question aussi fondamentale que celle du logement et de la pauvreté qui ne sont pas des problèmes « nouveaux » et que l’on peut volontiers imaginer comme susceptibles de trouver des solutions. Mais l’État (nous, nos votes et nos impôts) agit à la marge et encourage la charité publique pour intervenir à sa place, faire en sorte que la misère ne soit ni trop voyante, ni trop destructrice de l’ordre social.
L’ordre social ? Il s’agit en effet de cela. C’est en son nom que l’État (nous, nos votes et nos impôts) n’intervient qu’à la marge : le libéralisme économique et le capitalisme (propriété privée des moyens de production) ont besoin d’une société inégalitaire pour s’épanouir, une société où les travailleurs pauvres et les classes moyennes produisent des richesses sans que les plus pauvres n’en profitent, récolant au passage quelques miettes qui permettent à la consommation de se maintenir, une société inégalitaire où le fossé s’accroît toujours plus entre riches et pauvres, une société inégalitaire où règne pourtant l’ordre public, parce que la révolte n’a jamais été bonne pour l’épanouissement du Grand Capital.
Et alors ? On ne va tout de même pas laisser les gens crever dans la rue ! Bien sûr que non mais sachons que nous, militants de tous ordres, nous participons directement à cet ordre que nous avons le sentiment de contester, que nous agissons bénévolement pour réparer les erreurs que nous citoyens qui, par nos votes et nos impôts, entretenons l’État, celui qui nous opprime, met les pauvres à la rue et nous donne quelques miettes pour que tous ne crèvent pas de faim… Etc. On est bien bons finalement, bien bêtes diront certains… À coup sûr, mais on est comme ça : on aime réparer nos erreurs sous couvert de faire le bien. Que faire d’autre ? Penser un nouveau modèle d’organisation économique et sociale, par exemple.
Pourquoi pas ?

2 commentaires pour Charité @1

  • dcm

    Madame, vous parlez des militants qui défendent les droits des lgbt dans leur globalité mais pensez vous réellement que les lgbt qui sont dans la précarité ont voix aux chapitres et seront en mesure de revendiquer les droits qui leur sont octroyés aux yeux de la loi? Une seule loi régie notre système « soyez qui vous voulez si vous êtes un nanti. »

    • Cécyle

      Bienvenue en Hétéronomie !

      Votre commentaire me surprend. Il n’est pas question de militants LGBT dans ce billet et il me semble que justement il défend l’idée que les « nantis » sont au pouvoir. Pouvez-vous m’éclairer sur l’objet exact de votre propos ?

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