Noël @6

J’ai un moment été abonnée à un forum sur l’adoption dans un pays étranger. Je me suis inscrite au mois de décembre. J’ai alors été servie en poncifs sur Noël, la joie, la fête des enfants, l’émerveillement… Des dizaines de messages ont tant rivalisé de propos lénifiants et de déclarations consensuelles relatives aux considérations dominantes qu’il était difficile de faire autre chose que subir et ne pas broncher pour éviter des discussions vaines.
Pourtant, quel sens a tout cela ? Est-ce à dire que la joie doit être programmée et l’émerveillement formaté ? Dans le pays d’origine, musulman, de ces enfants, quelle place peut avoir Noël, fête chrétienne avant tout ?
Une poignée s’est inquiétée, sur le ton du « ah, quand même ! » pseudoculpabilisé, de la profusion de cadeaux pour un même enfant. Les enfants gâtés ne risquent-ils pas de pourrir ? L’ambiguïté de ces expressions est remarquable…
Mais, je comprends bien la difficulté de ces parents qui doivent souvent justifier leur capacité à être de « bons parents » face aux familles constituées à partir de liens biologiques dans lesquelles personne n’a rien à prouver. La surenchère de Noël est un critère hélas ! bien ancré d’évaluation de l’amour et de l’attention à ses enfants. Pauvres enfants, jouets de conceptions comparatives qui les dépassent, voire qu’ils subissent.
Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Noël.

2 réflexions sur « Noël @6 »

  1. Cécyle

    J’ai une question Isabelle, tu sais combien les histoires d’enfants me sont étrangères : un « enfant pourri » ou « gâté », c’est comme pour les fruits, on en fait des confitures ?

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