Solitude @1

« La solitude me pèse », m’écrit une amie. Je ne sais quoi lui répondre. Elle me pèse aussi, surtout quand j’aspire à la rompre. J’ai longtemps associé « vie à deux » et ordre social, considérant que l’ordre social a besoin de cellules policées pour réguler les liens entre les individus. L’État ne peut y suffire, les institutions (au sens large) privées et publiques non plus. La famille joue, dans ce contexte, un rôle coercitif majeur, la famille, le couple d’abord, puis son extension.
Je n’ai ainsi jamais considéré la création du Pacs comme l’expression de l’ouverture d’esprit des pouvoirs publics mais bien comme l’outil de la pacification de nos mœurs et la pleine participation des homosexuels au maintien de l’ordre social. Quant au mythe (oui, j’ai bien écrit « mythe ») du grand amour, celui qui dure toujours et que l’on trouve au centre de la production culturelle et artistique relayée par les médias, il me paraît être l’ « appareil idéologique » au service de cet ordre : pendant que l’on cherche l’autre, et/ou que l’on « construit » (comme on le ferait d’une maison) une relation, une famille, l’ordre social n’est pas contesté avant de devenir incontestable.
Si l’on suit cette logique, la solitude peut devenir un acte protestataire, une manière d’être au monde qui conteste l’ordre social. Est-ce que cela console ? Loin s’en faut !

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