Gamine @1

Je croise dans la rue une jeune fille et un jeune homme. Ils ont vingt, vingt-cinq ans, donnent l’impression d’être ensemble. Elle marche sur la chaussée, lui sur le trottoir. Ils s’invectivent. Je n’entends pas ce qu’elle dit mais je comprends qu’elle se défend de quelque chose. La sentence fuse, sur un ton que je ne tolérerais même pas de ma prof de piscine : « C’est toi et tes conseils de gamine ! »
« Gamine ». Je suis vexée pour elle. Je sens plus qu’un abaissement de l’âge de la jeune femme, qui rendrait ses conseils aussi peu censés que ceux d’une « enfant polisson », puisque tel est le « gamin ». J’ai senti tant de mépris dans la voix de ce jeune homme que j’ai l’impression qu’il a par là ôté à sa compagne plus que sa cervelle, le fait même d’être une femme, jusqu’à en être indigne de lui. Je pousse le bouchon un peu loin, pour une simple phrase ? Sans doute mais quand je lis dans le Petit Robert cet usage de « gamine », « Elle est restée très gamine », je lis quelque chose qui va au-delà de l’idiotie alors que si l’on dit « Il est resté très gamin », ne fait-on pas plutôt référence au côté joueur et polisson… ?
Ma-Jeanine — un personnage central de ma vie en Hétéronomie —, à qui j’ai raconté l’anecdote, a répondu « Ce n’est pas faux… » Si même Ma-Jeanine, alors… Non ?

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