Sauna @1

Je déjeunais l’autre jour avec elle, que je connais à peine. Un déjeuner de découverte, de rencontre. Ente deux phrases, comme ça, sans crier gare, elle m’a raconté avoir eu une aventure au sauna, avec une inconnue. J’étais surprise, un peu trop pour poser des questions. Je le regrette. J’aurais voulu en savoir plus. Je lui demanderai de me raconter, si j’en ai l’occasion.
Fantasme ? À coup sûr. Les endroits publics où l’on se déshabille sont forcément le lieu de tous les fantasmes. Il ne s’y passe pourtant pas tant de choses, au moins dans les lieux fréquentés par les lesbiennes, bars, boîtes, backrooms, vestiaires de sport, bibliothèques, musées… Pour notre plus grand désespoir ! J’ai caché mon trouble derrière un discours un peu théorique sur le pourquoi de nos impuissances à coller au mur toutes ces filles dont on a eu envie (ou inversement). Je lui ai expliqué que l’expression du désir est un attribut masculin — je laisse désormais à Virginie Despentes le soin d’en faire la démonstration — et que nous, pauvres filles lesbiennes, on n’est guère équipées culturellement pour faire le premier pas.
La preuve ? Entre elle et moi, il ne s’est rien passé.

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